Ah… ce sont les vins de cette région qui m’ont ouvert les portes du vin blanc. En 2008 en plein mois d’août, j’ai pris le train et la voiture de location pour aller me balader dans les vignobles. Je n’avais que 2 livres: le guide Hachette des vins et « Le goût et le pouvoir  » de Jonathan Nossiter. Le 2ème m’a plus servi que le 1er. Et ma 1ère émotion: un Vouvray Haut-Lieu 2007 de chez Huet…(mon 1er post ici). Depuis, cette émotion est restée intacte et ce vigneron est toujours une référence pour moi, mais bien sûr j’ai découvert d’autres domaines: François Chidaine, Guiberteau, Moyer, Eric Nicolas, Eric Morgat…et bien sûr Jacky Blot.

Vouvray (au nord et plus diversifié sur son terroir) est une appellation 5,7 fois plus grande que Montlouis (2200 hectares / 380 hectares) avec un sol argilo-calcaire (argile sur la couche superficielle et sous-sol composé d’une roche compacte de couleur blanche dite calcaire du « Turonien »). Montlouis (au sud et plus uniforme sur son sol) est sur le même terroir mais avec un sol qui contient un peu plus de silice (voir mon explication ici) notamment pour la partie la plus proche du fleuve.

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source http://www.vindevouvray.com

L’autre particularité de cette appellation c’est qu’elle exploite avec un seul cépage (le chenin) sur toute la palette aromatique des vins blancs: Sec/Demi-sec/Moelleux/Liquoreux/Petillant. Cela afin de permettre de palier aux aléas des conditions climatiques. Si l’année est mauvaise, alors les raisins seront plutôt dans des vins petillants et si l’année est exceptionnelle, les vins moelleux/liquoreux seront à l’honneur.

2011 résumé par Jacques DUPONT pour le magazine LE POINT dont je prends cet extrait: « (…) En 2011, elle, la nature, a joué au paradoxe : été sec, trop même, et pluie abondante, trop même, en fin de parcours (…) » et j’ajoute une citation du Domaine Huet « On a trié pour faire du sec. On a eu 30 millimètres de pluie fin août et autant début septembre. On voyait la perspective de la pourriture arriver. À partir du 8 septembre, on a pris des bacs et on a trié. Dans l’un, on plaçait les raisins sains et mûrs ; dans l’autre, ce qui ne nous plaisait pas. (…)« . (l’article complet ici).

Mais comme il s’agit d’un match, il faut un affrontement et un vainqueur !!! Et je dois reconnaitre que (sur ce millésime-là) le Vouvray a eu mes faveurs: moins gentil, plus nerveux avec une petite touche d’austérité bref, tout ce que j’aime. Le Montlouis était bon mais… trop tendre, trop accessible… Quoi qu’il arrive Jacky Blot est un magicien.