Le Rangen est le seul à être entièrement classé en Grand Cru. Il tient son originalité de son caractère abrupt, drainant, et de son aptitude à saisir la chaleur solaire. Son sol, maigre et pauvre, cultivé en terrasses, exige un travail et une attention constante de la part du vigneron (source ici).

Than vue des Coteaux du Rangen

le village de Than vue du coteau du Rangen (source http://www.alsace-photos-traditions.com)

J’imagine que venir à Than, à l’endroit où est prise cette photo, pour observer le caractère abrupte des coteaux et les belles couleurs d’automne, doit être un paysage magnifique et intense. Je n’y suis jamais allé mais, c’est encore plus intense de découvrir ce village par son vin: un des plus grand vin blanc d’Alsace qu’il m’est arrivé de déguster.

Les coteaux  exposés sud/sud-ouest se situent entre 340 et 470 m surplombent la rivière Thur. Le Rangen repose sur un terroir de type volcano-sédimentaire, ce qui est unique en Alsace. Le sous-sol est composée à la fois d’une roche dure « siliceuse » (c’est à dire à base de quartz et généralement assez pauvre en éléments nutritifs pour la vigne) et aussi d’une roche « volcanique » (c’est à dire issue du refroidissement de la lave provenant d’un volcan ayant eu une éruption il y a bien longtemps) qui apporte les minéraux dont la vigne a besoin. Comme pour le grand cru Kastelberg, la vigne doit pénétrer profondément dans le sous-sol pour profiter de cette richesse minérale du terroir. C’est l’altération de cette roche complexe qui forme un sol superficiel plutôt pierreux, faible en argile et surtout de couleur foncée, ce qui favorise l’accumulation de chaleur.

Verdict: ce vin est à part et il faut s’attendre à quelquechose de différent des autres grands crus dégustés. Un nez assez dur avec des notes d’astringence comme si le vin était pour l’instant fermé. Le déguster maintenant est presque un sacrilège tant on sent qu’il garde encore de la puissance et de la complexité pour longtemps. A la différence du Kastelberg (voir post précédent), il n’y a pas ici ce côté agrumes confits en bouche. Il reste droit dans ses bottes et se tient au garde à vous pendant tout le parcours en bouche.

Pour l’instant, il me semble difficile à marier avec des plats car trop « fermé » et sur nos desserts ce n’était pas le bon choix. Bien que ce soit un autre cépage, il m’a de suite fait penser en Bourgogne aux blancs de Gaston et Pierre Ravaut (ici) ou bien le Vougeot grand cru blanc de chez Bertagna (ici) quelle allure, quelle audace, quelle intensité… J’adore!!!!

 

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