Simple rappel pour mes lecteurs: lors d’une invitation presse (ici) j’ai rencontré la Maison Biecher-Schaal qui s’est présenté avec une approche séduisante de l’Alsace. Cette maison a 7 Riesling, tous en appellation Grands Crus, sur 7 terroirs différents. Alors, j’ai gentiment demandé s’il était possible de les tester sur le même millésime. C’est donc à ma demande que j’ai reçu par la poste 6 Riesling et un Gewurztraminer Grands Crus 2013. J’ai gentiment reçu quelques autres quilles sur le millésime 2014 (histoires à suivre).

 

A huit kilomètres de Colmar, le Schlossberg surplombe la vallée de la Weiss, depuis les abords de la ville de Kientzheim jusqu’au château médiéval de Kaysersberg. Les 80,28 hectares du Grand Cru prennent place sur un coteau très escarpé qui a nécessité l’implantation de terrasses (source ici).

 

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source: http://rimuge.com

La roche mère du Grand Cru Schlossberg est sur une architecture dite « granitique » (sable grossier issu de l’altération du granite et qui est essentiellement composé de grains de quartz) mélangée à d’autres minéraux comme du feldspath ou du Mica. Ces caractéristiques nourrissent les raisins d’une forte minéralité. De plus, le sol superficiel fixe peu de matière organique car il est dit « granulaire » (c’est à dire qu’il est fait de petits grains qui ne retiennent pas trop les dépôts naturels laissés par l’eau ou l’air). C’est donc un terroir acide et qui peut souffrir de sécheresse car il retient mal l’eau de pluie: le Grand Cru Schlossberg est meilleur en année moyenne que sur des millésimes plus « solaire » (comme certains sommeliers disent pour parler d’années caniculaires).

Mais, de par sa superficie (80,28 hectares) cette appellation Grand Cru devrait à elle seule faire l’objet de plusieurs articles car il y a, en fonction des lieux, une telle diversité des sols qu’il est difficile de résumer tout cela en un papier (à titre d’exemple: on trouve du granite à 2 micas de Dambach-Scherwiller ou des gneiss rubané par apports granitiques au sud de Kintzheim). Reconnaissez que lorsque vous en êtes à discuter de la particularité du sol au sein du Grand Cru Schlossberg, c’est que vous êtes avec un vigneron ou bien en train de discuter avec le sommelier d’un restaurant.

Verdict: plus on avance dans la dégustation, plus le nez des vins que l’on déguste est dense, complexe, puissant. En bouche, ce vin conserve un bel équilibre entre nervosité (plus présente que ce sur le vin précédent) et douceur. De plus, toutes les sensations sont multipliées par une belle amplitude. J’étais content de retrouver un peu de rugosité, de dureté. Mais, c’est tout en finesse qu’il nous apporte sa différence.

Ce vin est tout en équilibre.

http://www.biecher-schaal.com