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Foie gras de canard au torchon, anguille fumée, lentilles béluga et shiso

Le bon vin au bon moment

C’est un exercice délicat de choisir les vins pour une table. Mais, ça ne marche pas toujours (cf. mon expérience avec le sommelier de chez David Toutain ici). C’est un art qui consiste à capter l’énergie qui entoure la table pour faire durer ce moment magique où l’enchaînement des vins sera fluide et en cohérence avec l’intensité des plats. J’y vois un point commun avec les DJ: les meilleurs sont capables de faire danser les gens non-stop pendant plusieurs heures alors que les autres parviennent difficilement à enchainer les morceaux pour que la piste ne se vide pas.

Ce soir là, le DJ était Aurélien Massé. On a rapidement été en confiance: il a su nous poser les bonnes questions sur nos goûts, les vins qui nous ont marqués. Ensuite, il a décidé de prendre la main et de nous faire tout goûter à l’aveugle (en prenant soin de nous demander notre budget maximum par bouteille avant de commencer).

En réalité, tous les amateurs devraient déguster au moins une fois par mois, les vins à l’aveugle. On oublie nos repères, on se laisse transporter par ce que l’on ressent. Déguster à l’aveugle est une bonne façon de savoir où on en est de notre connaissance du vin, des cépages, de ce que l’on aime ou pas.

Franchement, je n’ai reconnu aucun vin, une bouteille de Syrah est devenue un vin italien, un vin de Savoie est un Muscadet. Mais, je suis parvenu à reconnaitre le cépage et la région de 2 bouteilles sur 4 (Chenin de Loire et Pinot noir de Bourgogne). Jonathan (www.gargantuanwine.com) sur un pinot noir a trouvé le millésime (2011)  » avec ce côté vert/amer en bouche, ce ne peut être que 2011« . Chapeau Mister!!! Jane et Hugo n’étaient pas très loin d’un autre vin en pensant à un vin Suisse avec un cépage Chasselas (à propos du vin de Savoie de chez Belluard au cépage rare, le gringet).

Tout au long du parcours, Aurélien nous a fait part de ses coups de coeurs « j’ai testé ça et en ce moment ça goutte super bien » sur une bouteille de chez Leroy (déjà bu ici dans la version « les rouliers » article en cours sur Les Noels de Montbenault). Mais, aussi de ses doutes « au départ j’avais pensé à un truc, mais j’ai testé et vraiment ça ne marche pas, donc je vous ai choisi autre chose » ou bien encore « c’est très difficile de marier ce plat avec un vin, alors dites vous juste que c’est un bon pinard ». J’adore cette approche.

Merci Aurélien d’avoir été le messager entre ces vignerons et nos papilles.

Restaurant Frenchie 5, rue du Nil 75002 Paris Tél. : +33 (0)1.40.39.96.19

http://www.frenchie-restaurant.com

Alors verdict: est-ce que à l’aveugle j’ai eu une émotion sur certains vins ? Oui, mais pas tous…

 

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Richard Leroy 2012 « carafé » vif intense qui étrangement était au diapason avec le mix foie gras et anguille fumé. On sent le côté vin nature en bouche ce que j’appelle la légèreté structurée

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La révélation de cette soirée, complètement perdu dans mes repères gustatifs. Alors que je pensais être dans l’ouest de la France avec un muscadet j’étais en Savoie avec un cépage oublié « le gringet ».

 

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Un Bourgogne de chez Barthod. Ma déception de la soirée. Vraiment trop vert et tannique pour moi. Les 2011 il faut attendre car c’est pas encore à mon goût.