Le contexte: j’ai l’acheté chez un caviste du beau village de Roussillon (plus connu sous le nom de « French Colorado »). J’avais le choix entre un 2011 et un 2004, la différence de prix n’était pas significative. Alors j’ai demandé conseil à la caviste: « Le Pibarnon 2004 est à boire dès maintenant en effet« . Super ça tombe bien c’est mon idée. Cela faisait longtemps que je souhaitais tenter ce vin. Je l’avais déjà vu dans nombreuses listes de restaurant.

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Vue depuis le village de Roussillon à 7h du matin (photo prise au leica M9 de Monsieur Pierre l’apiculteur )

Le Verdict: nez poivré, puissant, épicé (en gros ça pique les narines).  A l’aveugle j’aurai pensé immédiatement à un vin de Bordeaux. Au goût c’est puissant épais avec de la matière. Il y a peu d’astringence, de vrais tannins et bien sûr c’est long en bouche. En clair, l’inverse de pas mal de Bordeaux (les moins bons). Donc, mon impression de départ était fausse… Mon sentiment d’arrivée est, en revanche, sans appel: c’est un grand vin moteur je pense, de son appellation (mais je n’ai pas tout dégusté).

Déjàbu à l’apéro avec du très bon saucisson (boeuf et porc mélangés) acheté au marché de l’Isle sur la Sorgue.

Le jour d’après (conservé précieusement avec l’aide d’un bouchon spécial), le vin avait gagné en finesse sans perdre en longueur.

Je suis impressionné!! d’expérience je trouve qu’avec les grands vins, le parcours en bouche est tout en retenue voire un peu en retrait de l’appellation. Comme pour marquer sa différence avec les zèles des parcelles avoisinantes.

Alors ne soyez pas surpris si pour le prix payé vous n’avez pas un film de Michael Bay…

 

Michael Bay – What is Bayhem? from Tony Zhou on Vimeo.

…mais plutôt du Claude SAUTET:

Les grands vins sont inaccessible en euros c’est vrai.

Mais, lorsque vous l’ouvrez enfin, une autre étape est à franchir: comprendre pourquoi ce goût est si complexe à réussir, pourquoi il mérite ce prix. C’est là, je trouve que le travail intérieur commence. Il ne faut pas se mentir et juste chercher à savoir si le prix payé correspond à l’émotion attendue voire ressentie.

Je vous ai trouvé un passage classique tant de fois utilisé au cinéma mais qui montre dans longueur, ce que finesse peut vouloir signifier pour Monsieur SAUTET. La puissance des dialogues avec le fameux  « je vais te quitter jérôme » est absolument bouleversant d’intensité.

Nelly et Monsieur Arnaud -1995 par mariodelpais

http://www.pibarnon.com

http://www.pibarnon.com/fr/nos_vins/13/chateau-de-pibarnon-rouge/2004