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Que du bonheur ! Avec ensuite quelques préférences….

Voilà comment résumer la superbe soirée passée en présence de Laurence Brun (Directrice/ »gérante » du Chateau Dassault) aux caves Legrand. Cela fait (déjà ?) 16 ans qu’elle a pris les reines du château. Avant elle c’était son père. Mais n’allez pas croire que la succession se soit faite naturellement. La fille ne l’a obtenue que par un coup du hasard ou un coup du sort….. (si vous souhaitez en savoir plus demandez-lui).

Mais, il y a vraiment une notion « d’héritage » dans ce domaine. Son père a fait un très gros travail de drainage de la terre de 1970 jusqu’en 1995, car les vignes acquises par la famille Dassault depuis 1955 ne donnaient pas entière satisfaction au père. L’immense drainage sur le sol avait comme objectif de faire ressortir les éléments clefs du terroir.

1999:

Importante année pour Laurence Brun, il s’agit d’un millésime compliqué où chaque vigneron de l’appellation a dû faire des choix notamment suite à l’orage de grêle du 4 septembre. Certains vignerons ont décidé de ne pas poursuivre et de récolter les raisins. D’autres comme Laurence Brun ont préféré attendre et parier sur un mois de septembre plus clément. Pourquoi ?: Parce que dans une même appellation il y a des différences de position géographique (oui c’est compliqué le pinard…) et le bon moment pour récolter sur une parcelle au sud, ne signifie pas que les raisins seront à maturité au nord de l’appellation.

Bref, pas facile mais dans le discours de Mme Brun on sentait un vrai plaisir à manoeuvrer dans tous ces choix.

Verdict: couleur assez claire une superbe odeur au nez je dirai même un bouquet d’odeurs. Au goût les tannins sont assez discrets. Mais, ce qui domine c’est l’incroyable puissance et longueur en bouche. C’est droit c’est fin c’est long. Moi je dis bravo. Et dire que ce n’est que le début….

2000:
Couleur plus sombre, moins d’odeurs dans le verre, des tannins plus présent. Ce vin m’a paru plus discret, plus simple. On retrouve cependant un parcours en bouche avec beaucoup de puissance.

2001:
Très proche du 2000 tant dans sa simplicité d’approche et dans la facilité avec lequel on va le déguster. On retrouve le superbe bouquet du 1999 sans la longueur en bouche.

2002:
Si vous êtes l’un des heureux propritaires de bouteilles de l’année 2002, sachez qu’environ 80% de la production a été vendue à la Lufthansa. Laurence Brun n’a pas pu en apporter pour la dégustation.

2003:

Très fruité, très (voire trop) Merlot, il ne me convient pas mis-à-part la belle acidité du départ.

2004:
Peu d’odeur au nez mais dans l’ensemble ce vin est assez simple et très bien fait. Je trouve que cette année est tout à fait représentative de la finesse et de la discrétion du château. Une année pour connaisseurs donc… sans « bling Bling » mais avec un vrai style.

2005

Bien sûr tous les gens présents étaient en attente de ce millésime tellement il reste marqué dans l’imaginaire collectif comme grand. Verdict: Ça commence par une superbe odeur mais très différente des millésimes déjà bus. Un peu comme si je pouvais le reconnaître à l’aveugle: à la fois puissante et un peu verte (trop tôt pour le boire?). La suite est à l’image de l’odeur, mon sentiment est que ce vin a le frein à main bien serré et que seul le temps pourra le débloquer. Pour moi c’est sans appel un peu trop tôt. Le vin est encore trop vert pour être à son apogée. Ensuite je ne suis pas sûr que ce soit mon style de vin même dans la durée…..

2006:
Une belle couleur, une belle odeur, malgré qu’il soit très doux, très fin sur ses tannins, ce vin conserve une vraie intensité et correspond à ce qu’on attend.

2007:
Selon Laurence Brun l’année 2007 était intense car comme pour 1999, les vignerons ont dû faire des choix. De plus, il y a eu du Mildiou. Dès que l’on pose le nez dans le verre on sent que le vin est plus vif qu’il a plus de fraîcheur en lui. Ce millésime reste cependant facile à boire, un brin (trop) généreux.

2008:

L’odeur est forte au nez on sent une vraie agressivité dans le verre. C’est puissant et long et pas si facile que cela à boire. Après avoir dégusté tous ces millésimes, je trouve que cette année là devrait être conservée un peu plus longtemps.

2008 cuvée « Vigato »:
Il s’agit d’une idée originale: inviter un chef étoilés (restaurant Apicius) au moment de l’assemblage afin qu’il donne une coloration, une patte, une empreinte à cette cuvée. Verdict: On sent dès que l’on a le nez plongé dans le verre une vraie différence. J’ai trouvé ce vin très facile à boire et tout en douceur. Il faut reconnaître qu’il arrive un peu tard dans la dégustation car nous avions pris le temps de découvrir l’empreinte de Laurence brun au cours de 9 millésimes. Mais, avec cette cuvée spéciale nous sommes plongés dans autre chose: un délice mais à consommer ce soir demain avec des amis pas forcément des connaisseurs car je l’ai trouvé plus simple et plus accessible dans l’approche.

Mon avis sera sans hésitations les millésimes 1999; 2001; 2004; 2006; 2008 et bien sûr je prends commande des millésimes 2009 (en espérant qu’il ne ressemble pas au 2003) et 2010 (en espérant qu’il ressemble au 1999).