L’amertume maîtrisée !

Quel vin boire avec des shushis et autres plats « japonisant » ? Dans ce restaurant new yorkais, il y avait le choix entre un Chablis et un Chassagne Montrachet….. La différence entre les deux: 5 dollars…. Pour le choix ce fut assez rapide.

Alors, comme toujours avec les vins blancs on le sert frais et donc, il faut absolument attendre (ce qui n’est pas facile avec un vin comme celui-là). On se contentait de le sentir et d’observer sa belle couleur or dans le verre. Pour info, le vin trop frais ne sera jamais représentatif, le froid absorbe toute la finesse du vin et la remplace par une ligne droite dans le palais. Un peu comme si mes papilles ne servaient plus à rien car on les aurait endormies d’un coup brutal.

Une fois que l’on a attendu au moins 1/2 heure en buvant quelques petites gorgées quand même (on est quand même à NYC), j’ai été surpris par deux choses: d’abord, le vin n’avait que peu d’odeur et, ensuite ce vin avait peu d’acidité. Le point fort de vin c’est qu’il est d’un incroyable puissance en bouche, c’est un vin ample qui occupe l’espace avec une longueur impressionnante. Pourtant, nous étions dans un restaurant japonais avec des plats à base de wasabi (« moutarde » japonaise) et de sauce soja et de gingembre frais; et bien pas de problème pour Monsieur Chassagne Montrachet sa puissance reste en bouche malgré ces attaques acides, amères, sucrées provoquées par les plats… Je pense qu’il est aussi au dessus des plats mangés ce soir là car il conserve en fin de bouche une amertume, je veux dire une vraie amertume… Et bien c’est là que je vois la différence, en effet, lorsque l’on parle d’amertume on pense de suite à quelque chose de négatif du style: « l’amertume ne devrait pas être présente elle risque de détruire l’équilibre produit dans mon palais ». Mais cela est vrai pour de nombreux vins mais, pas le Chassagne Montrachet que j’ai bu ce soir là….. Si vous voulez avoir une expérience de ce qui peut être l’amertume maîtrisée essayez-le !

Culture confiture:

A la fin du 19ème siècle quelques communes de Bourgogne ont obtenu le droit d’ajouter à leur nom celui du Lieu Dit le plus prestigieux (bizarre!!!). Ainsi, comme le Montrachet est partagé entre deux communes Puligny et Chassagne ces communes pouvaient appeler leur vins Puligny-Montrachet et Chassagne-Montrachet. Donc, lorsque l’on boit un Chassagne-Montrachet et bien l’on est pas en train de boire un vin prestigieux (quoique c’est déjà pas mal…). Un Montrachet (on pourrait comparer avec un vinaigre balsamique de toscane 12 ans d’âge au moins) n’a rien à voir avec un Chassagne Montrachet (un bon vinaigre balsamique acheté chez son traiteur italien en France). Mais c’est déjà pas mal….. qu’en pensez-vous ?

Plats choisits:

Sushis du restaurant http://www.sushiofgari.com/ (au top)

Site du « vigneron » (ici)