
Pour une fois, je me suis dit que vous seriez sensibles à une information (un peu) en dehors du vin.
Si je vous dis qu’en restant bien dans la couette, vous allez suivre les pas d’un vigneron pendant toute une année. Si je vous dis qu’en plus, ce vigneron existe vraiment et qu’il fait du vin en loire (Saumur). Mais ce n’est pas toute, avec cette BD, vous allez apprendre deux univers en même temps: celui du vin et celui de la bande dessinée.
Ce n’est pas la 1ère fois que je lis de la BD-Reportage (j’avais lu notamment Joe Sacco: “Palestine”), mais là mélanger deux univers à priori aussi éloignés… Et bien le résultat est bluffant. C’est tout simplement la rencontre entre deux artistes. On sent le plaisir qu’a pris Davodeau à décrire son ami vigneron, on voit la curiosité grandissante de Leroy pour la BD même s’il ne comprend que tardivement pourquoi ce mec le suit tous les jours dans les vignes (et gratuitement en plus….).
J’ai vraiment eu une belle émotion sur la description de cette rencontre entre deux ignorants du métier de l’autre. Le dessin est simple, en noir et blanc, mais laisse une belle part à l’imagination dans chaque case. De plus, on apprend beaucoup de choses sur la bande dessiné et ceux qui la font….. A lire d’urgence.
Alors évidemment, ensuite j’ai eu une énorme envie de goûter le vin afin de savoir si j’allais tomber amoureux de son 100% jus de terroir….
Richard Leroy Chenin 2009 “les Rouliers”

Plus besoin de vous présenter le vigneron puisque la BD de DAVODEAU le fait très bien. A noter qu’il existe deux cuvées (“les Rouliers” + “Noëls de Montbenault”) chez Leroy et là j’ai goûté celle facile à trouver chez un bon caviste…. Enfin je l’espère pour vous.
Verdict sur le vin: Au nez on reconnaît vraiment la gourmandise du cépage Chenin! On dirait qu’il pourrait être sucrée liquoreux…. Pas du tout c’est un vin blanc sec. J’ai déjà eu cette sensation avec des Riesling (déjabu ici et là). Dans le verre la couleur est assez claire finalement comparé aux Vouvray déjà bus (comme ceux de chez Noël Pinguet “Huet” (plus couleur “or” à mon sens) mais bon:
-Les vignes ne sont pas situées dans le même coin,
-Les vignerons ne travaillent pas de la même façon,
-Les vins goûtés n’étaient pas de la même année….. Bref ce n’est pas comparable.
Comme le vin avait été conservé au frigo, il m’a paru avoir une très faible odeur presque invisible! (là j’imagine la tête de Richard Leroy avec sa barbe d’hiver en train de se dire “mais bon sang pas trop froid le vin sinon on sent rien…..”). Au goût c’est pas si simple: facile d’accès à la 1ère gorgée mais, j’aurai eu tord de m’arrêter là…
Une fois que le vin avait retrouvé sa température de dégustation j’ai dû revoir mon avis (sauf pour la couleur
). Le nez est devenu vraiment parfumé avec de la longueur, je dirais pas épicé car ce n’est pas le cas mais je pense à une odeur d’ardoise (je sais pas si tout le monde me suit….). Au goût c’est plus complexe: minéral mais en même temps charnu et généreux… A la bonne température, ce blanc sec reste donc très facile d’accès mais gagne en complexité. A noter il est assez fort en alcool.
J’en goûterai d’autres de chez lui et vite avant que la BD soit traduite en japonais, après……. il y en aura plus.
Sushi de chez Kokoya…(Top avec le vin!)
Plus d’infos sur tout ça:
http://www.franceculture.fr/emission-un-autre-jour-est-possible-une-histoire-de-la-poesie-rencontre-croisee-2011-11-04
http://www.franceinter.fr/emission-on-va-deguster-gastronomie-et-bulles
Ma scène préférée dans la BD, car je suis dans la même humeur si la carte des vins n’est pas au top au restaurant ou dans les caves à manger.

Antoine Arena Patrimonio 2010 vin blanc
Et puis vient le jour où vous dégustez un vin de chez Monsieur Arena…….
Ce jour là (si vous avez la chance de le savoir avant), profitez bien de votre journée, sur la table, mettez une nappe, cuisinez un petit plat (même un truc simple plutôt du poisson d’ailleurs) et surtout, surtout prenez de grands verres à pied pour que le vin puisse s’exprimer dans chaque gobelet….
Avec Monsieur Arena vous aurez la parfaite illustration de la phrase de Flaubert “Le succès n’est pas un but mais un résultat” (à peu près cela…). Car, Monsieur Arena est un travailleur. Il commence par goûter les vins des autres puis, il essaye de comprendre sur quel terroir repose ses 3 hectares de vignes familiales (Patrimonio est le seul terroir à dominante calcaire de la Corse) et enfin de savoir pourquoi les cépages Bianco Gentile et Vermentino seraient le plus adapté à son éco-système pour faire un vin blanc.
Verdict: De la finesse, de la finesse, voilà ce que l’on ressent après une gorgée de ce vin, mais d’abord, une minéralité comme j’aime mais avec un goût très particulier et unique que je ne saurais décrire (il faut savoir le reconnaître). Le vin est droit, structuré, dense. Bref, un vrai régal.
Petit détail, sur la bouteille goûtée, il n’y a plus le nom de l’appellation Patrimonio, sûrement parce qu’il ne rentre plus dans les cases de la l’AOC. Une question demeure: est-il en avance sur son temps ou bien en retard ?
Déjabu avec:
Filet de saumon en papillote et légumes vapeur (très bien)
http://www.antoine-arena.fr
Morta Maio – 20253 Patrimonio
Tél. 04 95 37 08 27 -Fax : 04 95 37 01 14
antoine.arena@wanadoo.fr
Publié par dejabu le 24 février 2012 dans avis, Le top 10 des vins blancs
Mots-clefs : Bianco Gentile et Vermentino poisson top 10 vin blanc finesse discretion vin blanc Patrimonio Antoine Arena 2010 calcaire Corse Avis Commentaire Top 10